Séminaire du mois de décembre

JURIS HANDICAP AUTISME organise des séminaires afin d’apporter une meilleure compréhension de l’autisme et des conditions faisant partie du continuum autistique.

SÉANCE N° 11/2018  

MARDI 4 DÉCEMBRE 2018 DE 19H À 20H30

 

« La vie après le diagnostic d’autisme »

Lieu: 11 Avenue Philippe-Auguste 75011 Paris

SEANCE 11-2018 - 04.12.2018- JHA_ Affiche-001.jpg

 

Tarif normal: 10 €; Tarif réduit (étudiants et chercheurs d’emploi) : 5 €

INFORMATIONS ET RESERVATIONS PAR MAIL OU EN LIGNE (Cf. ci-contre) :

jurishandiautisme@gmail.com

(réservation obligatoire pour avoir les codes d’accès aux locaux que vous recevrez par mail)

 

 

Descriptif de la séance

Vous faites partie des autistes des « générations perdues » (cf. rapport de Josef Schovanec sur le devenir professionnel des  personnes autistes): vous avez cherché, peut-être longtemps, la raison de votre différence ou un professionnel l’a enfin décelée. Après de longues années d’adaptation forcée, vous avez enfin … un bout de papier. Il indique que vous êtes autiste (avec en  prime souvent quelques Dys et/ou TDAH).

Mais que faire avec ce diagnostic qui ne fait que décrire vos difficultés ?

On vous annonce que ce qui vous passionne est en réalité un « intérêt restreint »; que cela vous empêche d’interagir avec les gens.

On vous énumère tout ce vous ne pouvez pas faire, même lorsque la compensation a déjà été effectuée, tant et si bien que, tout d’un coup, vous avez l’impression d’être un miraculé, une exception car malgré tous ces handicaps, vous avez des capacités couronnées ou pas par la société (ex: des diplômes, un certain nombre de langues maîtrisées et une mémoire jugée par les autres exceptionnelle, alors que pour vous c’est juste le « minimum syndical » face à la masse de choses à apprendre pour vous adapter, ce n’est jamais assez).

Alors vous ressortez plus anéanti. Personne pour vous tendre la main.

Et là, le pire est à venir : annoncer la nouvelle à votre entourage. Puis risquer de l’annoncer à l’entourage professionnel (si vous avez la chance d’avoir un emploi). Comment et à qui le dire? Et pourquoi? L’information est médicale mais vous êtes obligé de la dévoiler pour faire respecter vos besoins spécifiques et vos droits. Mais l’autisme ne rendra pas la tâche facile. Tout cela requiert la maîtrise du relationnel (savoir à qui l’annoncer, à quel moment, etc.).

Ensuite, après une longue période passée à revoir votre vie, à déceler ce que signifie le jargon qui vous décrit comme « autiste » (et donc les caractéristiques) par des non autistes, vient la reconstruction. Recoller les petits morceaux épars d’autisme – donc de vous-même – qui ont été reniés, étouffés, malmenés, leur donner enfin un sens et les accepter. Mais on vous dit que vous avez un trouble du spectre autistique. Qu’il faut le modifier, vous efforcer de faire des progrès alors que vous pensiez avoir déjà tout donné (qui plus est lorsque vous n’avez plus vingt ans). La société est-elle contre vous? Le diagnostic signifie que vous êtres autiste mais vous n’avez pas le sentiment d’avoir le droit d’être autiste… donc d’exister.

Au mieux, vous mettez le diagnostic de côté… mais hélas ce n’est pas possible si votre intégration dans la société dépend fatalement du statut de personne en situation de handicap, la seule issue après maintes tentatives mais ce sera vu comme un tour de force avec la désapprobation qui sous-tend que vous n’êtes pas digne d’être considéré comme en situation de handicap (la société se plait à dire que votre type d’autisme serait « léger », alors que cela représente de 50% à 80% de handicap selon les personnes autistes). Il reste donc à passer par la MDPH. Le regard des autres change avant et après ce statut. Entre incompréhension et déni à cause de l’image connue de l’autisme et de ses clichés (en bien ou en mal).

Des questions se posent :

Comment se reconstruire dans ces conditions? Comment savoir quel est votre vrai potentiel? Vos points forts? Vos difficultés? Jusqu’où tenter de s’améliorer pour la vie en société?  Ce séminaire répondra à ces problématiques.

Cette séance est destinée à tout public intéressé par ce sujet.

Intervenante: Natalia Pedemonte

 

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  • 27 NOVEMBRE : Séance supplémentaire sur « La neurodiversité et le droit des personnes autistes » (pour ceux qui n’ont pas pu assister à la séance du 6 novembre dernier. Pour en savoir plus cliquez ici.

Séance supplémentaire novembre

JURIS HANDICAP AUTISME organise des séminaires afin d’apporter une meilleure compréhension de l’autisme et des conditions faisant partie du continuum autistique.

 

Une séance supplémentaire portant sur la Neurodiversité aura lieu, destinée à ceux qui n’avaient pas pu assister à celle du 6 novembre dernier:

 

SEANCE N° 10 bis /2018  

MARDI 27 NOVEMBRE 2018 DE 19 H À 20 H 30

 

« La Neurodiversité et le droit des personnes autistes »

 

Lieu du séminaire : 11, Avenue Philippe-Auguste 75011 Paris

SEANCE 10 BIS-2018 - 27.11.2018- JHA_ Affiche-page-001

 

 

Tarif normal: 10 €; Tarif réduit (étudiants et chercheurs d’emploi) : 5 €

INFORMATIONS ET RESERVATIONS PAR MAIL OU EN LIGNE (Cf. ci-contre) :

jurishandiautisme@gmail.com

(réservation obligatoire pour avoir les codes d’accès aux locaux que vous recevrez par mail)

 

 

Descriptif de la séance

Le courant de la Neurodiversité a voulu changer le regard que la société porte sur les personnes différentes. Il mêle éthique, science et droits. Son importance s’est accrue au fil du temps. Mais sa pluralité et champ vaste a fait naître des courants contradictoires portant le même nom. Difficile alors de s’y retrouver. L’influence idéologique a retenti dans divers domaines :

– Au niveau scientifique/ médical, cela impliquerait de voir l’autisme comme une différence ou condition et non comme un trouble ;

– Au niveau juridique, est visé l’accès effectif à la vie en société aux personnes autistes et le respect de leurs besoins spécifiques, aspirations et choix de vie ;

– La neurodiversité signifie également que les personnes neurodiverses devraient être valorisées et non combattues ni conditionnées à fonctionner selon des paramètres qui ne correspondent pas à leur système cognitif.

Mais une question éthique pourrait empêcher de valider ce courant : qui peut être considéré comme entrant dans la Neurodiversité et donc digne de valorisation ?

En principe, cela implique aussi les neurotypiques, du moment qu’il s’agit d’une neurologie, celle majoritaire.

Or, il n’y a pas de critères scientifiques pour dire qu’une neurologie donnée est ou non une «condition ». Le DSM (qui classe l’autisme dans la rubrique des « troubles neurodéveloppementaux ») ne fait que décrire les caractéristiques (et non les causes) de l’autisme.

Le courant de la Neurodiversité étant humaniste par essence, il a voulu inclure notamment la schizophrénie et la bipolarité sans pour autant dresser une liste des diverses « neurologies ». Cela ne va pas sans poser problème.

Si on compare autisme et schizophrénie, par exemple, ils ne sont pas de la même nature (cette dernière est classée « trouble psychotique » au DSM, alors que l’autisme serait, toujours selon le DSM, un « trouble neurodéveloppemental »).

La question qui se pose est celle de savoir si terme Neurodiversité est approprié. Quelles pourraient être les dérives réelles ou supposées de ce courant qui, au demeurant, est interprété différemment selon les secteurs (secteur militant ; secteur médical, etc) ? En effet, selon le champ qu’on lui donne, la valorisation sera plus ou moins pertinente.

Permet-il encore la valorisation ou constitue t-il un piège pour les personnes autistes qu’il avait voulu pourtant protéger ?

Intervenante : Natalia Pedemonte