Séminaire du mois d’août

JURIS HANDICAP AUTISME organise des séminaires afin d’apporter une meilleure compréhension de l’autisme et des conditions faisant partie du continuum autistique.

SEANCE N° 8/2018  

SAMEDI 18 AOUT 2018 DE 19H À 20H30 :

« Pourquoi tout le monde veut-il être autiste? »

SEANCE 8-2018 - 18.08.2018- JHA_ AFFICHE_-page-001.jpg

Tarif normal: 10 €; Tarif réduit (étudiants et chercheurs d’emploi) : 5 €

INFORMATIONS ET RESERVATIONS PAR MAIL OU EN LIGNE (Cf. ci-contre) :

jurishandiautisme@gmail.com

(réservation obligatoire pour avoir les codes d’accès aux locaux que vous recevrez par mail)

 

Descriptif de la séance.

L’autisme invisible n’a été connu en France que tardivement. Alors que Lorna Wing avait fait traduire, interprété et actualisé les travaux d’Hans Asperger – rappelons que même au niveau de l’appellation le nom donné à l’époque était « psychopathes autistiques » – en France l’explosion s’est produite vers 2012. Moment de la déclaration de l’autisme comme « cause nationale ». Ce qui au demeurant est assez étonnant, les personnes autistes ne représentent que 1% de la population, de ce fait il n’y a aucun retentissement des personnes autistes dans la société. Au contraire, elles sont isolées, exclues trop souvent.

Dans ce contexte, il a fallu que les professionnels habitués uniquement à l’autisme de type Kanner, se forment aux critères de l’autisme de type Asperger (appellation désormais supprimée du DSM V et du CIM 11 qui a tout regroupé en « TSA » : « troubles du spectre autistique »). Cela passe par le diagnostic.

Les pressions d’une partie de la population pour obtenir le diagnostic « Asperger » ont fini par le dénaturer.

En raison d’un certain nombre d’amateurs profitant des réseaux sociaux, sans avoir diagnostic ou formation en autisme (ou avec un diagnostic erroné, possédant d’autres auparavant, moins « séduisants »), les critères du diagnostic ont de plus en plus été assouplis par une pratique de certains professionnels se trouvant démunis face à des profils de personnes adultes difficiles à évaluer et cédant à la pression revendicative – y compris avec l’aide d’associations – du droit au diagnostic.

Ainsi, la course au diagnostic est devenue un véritable sport national qui, paradoxalement, requiert de grandes compétences sociales, pour diverses personnes en quête identitaire ne trouvant aucune « case » au DSM. L’autisme étant devenu la carte « Joker », une solution de facilité. Cette situation a eu pour effet de rendre l’accès au diagnostic bien plus difficile pour les vrais autistes (impliquant également de déceler les Dys et/ou le TDAH associé pour un suivi adapté). Au point de se demander si les personnes ayant un autisme invisible pourront encore être diagnostiquées face à une foule de personnes qui inventent de toutes pièces de nouveaux critères diagnostics au gré de leur personnalité en les véhiculant dans les réseaux sociaux comme une vérité scientifique. De la sorte, ces personnes, majoritaires face au 1% de (vraies) personnes autistes, visent à discréditer les critères de l’autisme tels que décrits au DSM. Pourtant, c’est avec une surprenante ingéniosité (qui atteste d’une certaine compréhension de l’autisme) que les critères de l’autisme sont repris un par un et dénaturés par certaines femmes se disant « autistes », utilisant les réseaux sociaux et le milieu associatif, faisant circuler des articles non validés par la communauté scientifique sur l’autisme. Cela aboutit à ce que tout trait pourrait être réinterprété comme « autistique » sans que ce soit le cas.

Il convient de rappeler qu’être ou se dire autiste ne remplace pas un professionnel de l’autisme expert en la matière (à moins d’avoir le cumul des deux).

C’est alors qu’on se demande : « pourquoi tout le monde veut-il être autiste ? »

Une personne peut, de bonne foi, se croire autiste. Ceci à commencer par la vulgarisation des médias et des réseaux sociaux sur l’autisme (mais aussi les dérives décrites plus haut), notamment par des groupes de femmes avec des tendances féministes qui, à la fois réclamant des attentions particulières en raison de fragilités psychologiques liées en réalité à leur vécu personnel. Ainsi, tout est déversé dans la case « autisme » sous la forme d’un amalgame, dans une vision victimisante, loin de l’image positive et/ou valorisante qui aurait permis une meilleure intégration des personnes autistes. Cela contribue fatalement à la stigmatisation de l’autisme et à la désinformation sur les composantes de l’autisme telles que décrites au DSM.

De surcroît, pour déceler l’autisme, il est tenu compte en premier lieu des troubles de la personnalité supposément récurrents chez les autistes (donc chez les autistes en détresse, qui représente un profil différent que l’autisme sans troubles de la personnalité), tant et si bien qu’ils sont devenus un préalable à l’accès au diagnostic. Cela constitue un terrain propice à la dénaturation des traits autistiques.

Ce séminaire se donne pour but d’examiner de façon objective des états psychologiques qui peut-être répondent à d’autres troubles au DSM ou qui en ont certaines caractéristiques, mais qui peuvent être pris à tort pour de l’autisme.

Intervenante : Natalia Pedemonte

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